
La perte de poids d’un senior n’est jamais « normale » ; le fameux « je mange à ma faim » cache souvent les premiers signaux d’une dénutrition qui s’installe insidieusement.
- Les indicateurs objectifs (pesée mensuelle, mesure du tour de mollet) doivent toujours primer sur le ressenti subjectif de la personne âgée.
- Les causes sont multiples et souvent masquées : problèmes dentaires, état dépressif latent ou isolement social sont des pistes à explorer en priorité.
Recommandation : Votre rôle d’aidant est de collecter ces faits observables pour armer une discussion factuelle avec le médecin traitant et demander un bilan sanguin ciblé (albumine) afin d’objectiver la situation.
Vous avez remarqué. Les vêtements de votre parent flottent un peu plus qu’avant. Son alliance tourne sur son doigt. Pourtant, à chaque fois que vous abordez le sujet, la réponse est la même, presque un réflexe : « Mais non, je mange à ma faim, ne t’inquiète pas. » Cette phrase, bien que rassurante en apparence, est l’un des plus grands pièges dans la prise en charge de nos aînés. Elle masque souvent une réalité clinique insidieuse : la dénutrition, cette « maigreur des vieux » qui s’installe sans faire de bruit et peut avoir des conséquences dramatiques.
En tant que médecin nutritionniste, mon objectif n’est pas de vous alarmer inutilement, mais de vous donner les clés d’une vigilance active. L’erreur commune est de considérer la perte d’appétit ou l’amaigrissement comme une fatalité liée à l’âge. C’est une erreur de diagnostic. Il s’agit d’un symptôme, le signal d’un déséquilibre qu’il faut identifier. La véritable question n’est pas « est-ce que mon parent mange ? », mais plutôt « ce qu’il mange couvre-t-il ses besoins ? » et « qu’est-ce qui l’empêche de manger plus ? ».
Cet article n’est pas une simple liste de conseils. C’est un guide d’enquête clinique à votre usage. Nous allons transformer votre inquiétude en une observation méthodique. Votre rôle est crucial : vous êtes en première ligne pour repérer les signaux faibles, ces indices que le professionnel de santé ne verra pas lors d’une consultation de quinze minutes. Nous allons apprendre à les décoder, à les quantifier et à les présenter au médecin pour déclencher une prise en charge efficace, bien avant que la situation ne devienne irréversible.
Ensemble, nous allons parcourir les différentes facettes de ce problème, de l’évaluation objective du poids à l’impact caché de la santé bucco-dentaire ou du moral. Chaque section vous fournira des outils concrets pour passer de l’inquiétude à l’action.
Sommaire : Guide de détection et d’action contre la dénutrition invisible du senior
- Pourquoi se peser une fois par mois est-il le geste de prévention le plus simple et efficace ?
- Comment ajouter de la poudre de lait, du fromage ou des œufs incognito pour doubler les calories ?
- Appareil dentaire mal ajusté : est-ce la vraie cause du refus de manger de la viande ?
- L’erreur de croire que c’est l’âge alors que c’est le « glissement » dépressif qui coupe l’appétit
- Quand demander une prise de sang : le taux d’albumine comme juge de paix de l’état nutritionnel
- Comment choisir les aides au repas adaptées à une personne hémiplégique ?
- Comment favoriser la prise alimentaire autonome chez une personne atteinte d’Alzheimer ?
- Pourquoi consulter un diététicien après 65 ans n’est pas une question de régime mais de vitalité ?
Pourquoi se peser une fois par mois est-il le geste de prévention le plus simple et efficace ?
Face au subjectif « je mange à ma faim », la balance est votre premier allié objectif. La pesée mensuelle, réalisée toujours dans les mêmes conditions (le matin à jeun, après avoir uriné, avec les mêmes vêtements légers), est le geste de surveillance le plus simple et le plus puissant. Notez le poids dans un carnet. Cette courbe de poids est un document clinique qui aura une immense valeur pour le médecin. Elle transforme une impression (« il a l’air d’avoir maigri ») en un fait documenté.
Une perte de poids involontaire est le principal critère de diagnostic de la dénutrition. Mais avant même que la balance ne s’affole, un autre signe doit vous alerter : la sarcopénie, c’est-à-dire la fonte de la masse musculaire. Ce phénomène, qui touche jusqu’à 70% des seniors dépendants, précède souvent la perte de poids globale. Un moyen simple de la dépister est la mesure du tour de mollet avec un mètre ruban. Une circonférence inférieure à 31 cm est un indicateur fort de sarcopénie et doit motiver une consultation.
Ne sous-estimez jamais ces mesures simples. Elles sont la base de toute évaluation nutritionnelle. Un poids stable ou en légère augmentation est le premier signe que l’équilibre est maintenu. À l’inverse, une baisse, même légère mais continue, est le signal d’alarme qui doit déclencher les investigations que nous allons voir. C’est votre premier fait, irréfutable, pour ouvrir le dialogue.
Comment ajouter de la poudre de lait, du fromage ou des œufs incognito pour doubler les calories ?
Le principal obstacle chez la personne âgée est souvent le « petit appétit ». La sensation de satiété arrive très vite, rendant impossible la consommation de portions jugées « normales ». Tenter de forcer à « finir son assiette » est contre-productif et source de conflit. La stratégie médicale n’est donc pas d’augmenter le volume, mais la densité énergétique et protéique de chaque bouchée. C’est ce qu’on appelle l’enrichissement de l’alimentation.
L’idée est d’ajouter des ingrédients riches en calories et en protéines de manière quasi invisible, sans modifier radicalement le goût ou la texture des plats que la personne aime. Une simple soupe de légumes peut ainsi devenir un plat complet. Le principe est de transformer chaque plat en une version « concentrée ». Cet enrichissement est essentiel, car des travaux de l’INRAE ont montré que chez les seniors dépendants, 7 seniors sur 10 ne mangeraient pas assez pour couvrir leurs besoins nutritionnels, simplement par manque d’appétit.
Voici des techniques d’enrichissement simples et discrètes :
- Dans les soupes, purées, gratins : ajoutez une cuillère à soupe de poudre de lait, de la crème fraîche épaisse, du fromage râpé (gruyère, parmesan), un jaune d’œuf ou du beurre.
- Dans les légumes ou les pâtes : un filet d’huile (colza, olive), une noisette de beurre ou un peu de crème.
- Dans les yaourts, compotes ou entremets : incorporez de la poudre de lait, du lait concentré sucré ou non, ou des poudres de protéines neutres vendues en pharmacie.
L’image ci-dessous illustre parfaitement comment un geste simple, comme l’ajout de crème dans un velouté, peut transformer un plat léger en un apport nutritionnel significatif sans augmenter la taille de la portion.

Cette approche respecte le petit appétit de la personne tout en luttant activement contre la dénutrition. C’est une solution pragmatique et efficace qui peut être mise en place au quotidien, transformant chaque repas en une opportunité de renforcer l’organisme.
Appareil dentaire mal ajusté : est-ce la vraie cause du refus de manger de la viande ?
Votre proche refuse systématiquement la viande, se tourne vers les soupes et les yaourts ? Avant de conclure à une simple « perte de goût », une piste est à explorer en priorité : la santé bucco-dentaire. Un appareil dentaire qui blesse, des dents déchaussées ou des douleurs gingivales sont des étiologies fréquentes et sous-estimées de la dénutrition. La mastication devient douloureuse, voire impossible. La personne va alors instinctivement opter pour une alimentation molle, pauvre en fibres et surtout en protéines, menant tout droit à la sarcopénie.
Le problème est massif : seuls 3% des personnes âgées auraient une dentition saine. La douleur peut être taboue ou minimisée. Il est donc impératif de poser des questions directes : « As-tu mal aux dents ou aux gencives quand tu manges ? », « Est-ce que ton appareil te gêne ? ». Une consultation chez le dentiste s’impose au moindre doute pour un ajustement ou des soins.
En attendant, il est crucial de ne pas renoncer aux protéines. Il faut adapter la texture pour contourner le problème de mastication. L’objectif est de proposer des aliments riches en protéines mais qui ne nécessitent pas ou peu d’effort pour être consommés. Voici quelques alternatives intelligentes à la viande en morceau :
- Privilégier le poisson blanc en papillote, dont la chair s’effeuille sans effort.
- Préparer des œufs sous toutes leurs formes : brouillés et crémeux, en omelette baveuse, ou sous forme de flans salés aux légumes.
- Opter pour du steak haché de bonne qualité, servi en boulettes très tendres dans une sauce, ou haché très fin dans une purée.
- Cuisiner des légumineuses tendres comme les lentilles corail, qui fondent à la cuisson.
- Servir du thon ou des sardines à l’huile émiettés et mélangés à de la crème fraîche ou du fromage frais.
L’erreur de croire que c’est l’âge alors que c’est le « glissement » dépressif qui coupe l’appétit
L’appétit n’est pas seulement mécanique, il est intimement lié à l’état psychologique. L’une des erreurs de diagnostic les plus courantes est d’attribuer la perte d’appétit à l’âge, alors qu’elle est en réalité le symptôme d’un état dépressif latent, que les gériatres appellent parfois le « syndrome de glissement ». L’isolement, le deuil, la perte d’autonomie ou la douleur chronique peuvent éteindre l’envie de tout, y compris celle de manger. Le repas, autrefois un plaisir, devient une corvée.
Comme le souligne la professeure Agathe Raynaud-Simon, experte du sujet :
C’est une maladie silencieuse, insuffisamment diagnostiquée et donc insuffisamment traitée. Les causes sont multiples et se cumulent souvent chez les personnes âgées.
– Pr Agathe Raynaud-Simon, Interview sur la dénutrition, Ministère des Solidarités
Il est donc essentiel d’observer l’humeur et le comportement de votre proche. Semble-t-il triste, apathique ? A-t-il abandonné ses activités favorites ? Néglige-t-il son apparence ? Ce sont des signaux d’alerte aussi importants que la perte de poids. Les médecins disposent d’outils pour évaluer cela, comme l’échelle de dépression gériatrique (GDS), qui peut aider à objectiver un mal-être. Parler de cette tristesse au médecin traitant est une étape fondamentale.
Lutter contre cette anorexie d’origine psychologique passe par la réintroduction du plaisir et du lien social autour du repas. Transformez le repas en un moment de partage et non plus en une simple injonction à se nourrir. L’environnement joue un rôle capital.

Une table joliment dressée, des assiettes colorées, manger ensemble, partager une conversation… Ces éléments peuvent paraître anecdotiques, mais ils sont thérapeutiques. Ils stimulent les sens et réactivent le repas comme un moment de convivialité et de plaisir, ce qui peut suffire à relancer un appétit endormi par la morosité.
Quand demander une prise de sang : le taux d’albumine comme juge de paix de l’état nutritionnel
Vous avez documenté la perte de poids, exploré les pistes dentaires et psychologiques. Il est temps de passer à l’étape suivante : l’objectivation biologique. Lorsque vous dialoguez avec le médecin, il est crucial d’arriver avec des faits. Selon les critères officiels de la Haute Autorité de Santé (HAS), une perte de poids de 5% en 1 mois ou 10% en 6 mois est un critère de diagnostic de la dénutrition. Calculez-le avant le rendez-vous. « Mon père a perdu 4 kg en 6 mois, soit 5% de son poids », est une information beaucoup plus puissante que « je le trouve amaigri ».
Armé de ce constat, vous pouvez aborder l’étape décisive : la demande d’un bilan sanguin. Le marqueur clé à surveiller est le taux d’albumine. L’albumine est une protéine fabriquée par le foie, dont le taux sanguin reflète l’état des réserves protéiques de l’organisme sur les trois dernières semaines. C’est un indicateur fiable et objectif de l’état nutritionnel. Un taux d’albumine bas confirme la dénutrition et son degré de sévérité, et impose une prise en charge médicale active.
Ce bilan sanguin est le véritable juge de paix. Il met fin aux débats et aux impressions. Il quantifie le problème de manière indiscutable et déclenche le protocole de soin adapté, qui peut aller de conseils diététiques à la prescription de compléments nutritionnels oraux (CNO). Pour vous aider à préparer cette discussion cruciale avec le médecin, voici un plan d’action concret.
Votre plan d’action pour le dialogue avec le médecin
- Préparer les faits observés : Notez la perte de poids exacte et la période concernée (ex: « -3kg en 2 mois »), ainsi que le tour de mollet s’il est inférieur à 31 cm.
- Utiliser la bonne formulation : Présentez les faits de manière clinique : « Je constate une perte de X kg et une grande fatigue, je m’inquiète d’une possible dénutrition. »
- Demander spécifiquement le bilan : Posez la question directement : « Pensez-vous qu’un bilan sanguin avec dosage de l’albumine serait pertinent pour objectiver la situation ? »
- S’informer sur les micronutriments : Profitez-en pour demander si un dosage du zinc, de la vitamine D et B12, souvent carencés, serait utile.
- Anticiper la suite : Interrogez sur les prochaines étapes si les résultats sont anormaux : « Que ferons-nous si l’albumine est basse ? Envisagerons-nous des CNO ou une consultation diététique ? »
Comment choisir les aides au repas adaptées à une personne hémiplégique ?
Lorsqu’un accident vasculaire cérébral (AVC) ou une autre pathologie neurologique entraîne une hémiplégie, l’acte de manger, auparavant simple, devient un défi quotidien. La perte de motricité d’un côté du corps rend difficile la coupe des aliments, la stabilisation de l’assiette ou le simple fait de porter un verre à sa bouche. Cette difficulté peut engendrer frustration, découragement et finalement, un refus de s’alimenter conduisant à la dénutrition. L’objectif est de restaurer l’autonomie et la dignité à table grâce à des aides techniques ergonomiques.
Ces outils ne sont pas des gadgets ; ils sont des facilitateurs essentiels qui permettent à la personne de retrouver le plaisir de manger seule. Choisir les bonnes aides dépend de la difficulté principale rencontrée. Le tableau suivant, qui s’appuie sur les recommandations pour l’autonomie des seniors, résume les solutions les plus courantes.
| Fonction | Aide technique | Avantages | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Pour couper | Couteau-pilon ergonomique | Permet de couper d’une seule main avec mouvement vertical | 25-40€ |
| Pour ne pas renverser | Assiette à rebord ou rebord amovible | Empêche les aliments de glisser, facilite la prise | 15-25€ |
| Pour boire | Verre à découpe nasale | Permet de boire sans pencher la tête en arrière | 10-15€ |
| Pour stabiliser | Set de table antidérapant | Maintient l’assiette en place pendant le repas | 8-12€ |
Au-delà de ces outils, l’environnement global du repas est primordial. Comme le rappelle le Ministère des Solidarités, il faut « rendre les moments des repas plus agréables : prendre le temps de décorer la table, sortir les plats des barquettes s’ils ont été livrés pour les rendre plus attrayants ». En combinant un environnement stimulant et des aides techniques adaptées, on redonne à la personne la capacité et l’envie de se nourrir de façon autonome.
Comment favoriser la prise alimentaire autonome chez une personne atteinte d’Alzheimer ?
La maladie d’Alzheimer et les troubles cognitifs apparentés présentent des défis uniques pour l’alimentation. Les difficultés ne sont pas toujours motrices, mais souvent liées à l’agnosie (ne pas reconnaître les aliments ou les couverts), à l’apraxie (ne plus savoir comment utiliser les couverts) ou à des troubles de l’attention qui rendent la séquence du repas complexe. Forcer la personne à utiliser des couverts qu’elle ne reconnaît plus est une source d’angoisse et d’échec. L’une des approches les plus efficaces est de simplifier radicalement l’environnement du repas et de proposer une alternative : le « manger-main ».
Cette technique, loin d’être une régression, est une stratégie d’adaptation formidable pour préserver l’autonomie et le plaisir. Elle consiste à présenter le repas sous forme de bouchées calibrées, nutritives et faciles à saisir avec les doigts.
Étude de cas : Le succès du « manger-main » en EHPAD
De nombreux établissements ont mis en place le « manger-main » pour les résidents présentant des troubles cognitifs sévères. Le principe est de proposer des bouchées savoureuses et équilibrées (cubes de polenta, mini-quiches, boulettes de viande, légumes fondants) qui peuvent être consommées sans couvert. Une soignante, Virginia, témoigne : « Les personnes qui ont une alimentation en manger-main retrouvent leur autonomie puisqu’elles peuvent à nouveau se nourrir seules. Lorsque l’équipe soignante prend la décision de proposer le manger-main à une personne, les couverts ne sont pas enlevés, ils sont toujours disponibles sur la table. Ainsi, il arrive qu’une personne alimentée en manger-main mange à nouveau avec ses couverts au bout de quelques jours, simplement parce qu’elle aura repris confiance en elle. » Cette approche redonne un sentiment de compétence et diminue l’anxiété liée au repas.
En complément du manger-main, d’autres stratégies environnementales et comportementales ont prouvé leur efficacité pour stimuler la prise alimentaire :
- Simplifier l’assiette : Servir un seul aliment à la fois pour éviter la surcharge visuelle et décisionnelle.
- Augmenter les contrastes : Utiliser une assiette de couleur vive (le rouge est souvent recommandé) sur une nappe unie pour que la nourriture soit plus visible.
- Activer les neurones miroirs : S’asseoir en face de la personne et manger en même temps, de manière lente et visible, peut l’inciter à imiter le geste.
- Maintenir des rituels : Servir le repas à la même heure, à la même place, avec les mêmes rituels peut rassurer et structurer la journée.
À retenir
- La perte de poids chez un senior n’est jamais une fatalité liée à l’âge, mais un symptôme médical qui exige une investigation.
- Votre rôle d’aidant est de traquer les signaux objectifs (poids, tour de mollet inférieur à 31 cm, vêtements flottants) pour dépasser le discours subjectif.
- Les causes sont souvent masquées et cumulatives : un état dépressif, des problèmes dentaires ou des douleurs chroniques doivent être explorés en priorité.
Pourquoi consulter un diététicien après 65 ans n’est pas une question de régime mais de vitalité ?
Dans l’inconscient collectif, le diététicien est associé aux régimes amaigrissants. C’est une vision totalement erronée et même dangereuse lorsqu’on parle des seniors. Après 65 ans, et plus encore après 80 ans, l’enjeu n’est plus de perdre du poids, mais d’en maintenir un suffisant et, surtout, de préserver la masse musculaire, garante de l’autonomie et de la vitalité. Consulter un diététicien-nutritionniste devient alors un acte de médecine préventive, visant à optimiser les apports pour combattre la fragilité.
L’enjeu est de taille. La dénutrition est un facteur de risque majeur de complications en cascade : chutes, infections, perte d’autonomie, hospitalisations prolongées. Les recherches menées par l’INRAE et le CHU de Dijon sont sans appel : le risque de mortalité est multiplié par 4 chez la personne dénutrie. Lutter contre la dénutrition, c’est littéralement lutter pour la vie. Le diététicien est l’expert qui peut traduire un diagnostic médical en un plan d’action alimentaire concret et personnalisé.
Comme l’explique la professeure Raynaud-Simon, la prise en charge est pluridisciplinaire. Le médecin pose le diagnostic et peut prescrire des compléments nutritionnels oraux (CNO) hypercaloriques et hyperprotéiques, mais le diététicien joue un rôle complémentaire essentiel :
Une consultation diététique par un diététicien permet d’optimiser les conseils alimentaires pour atteindre les besoins nutritionnels.
– Pr Agathe Raynaud-Simon, Interview Ministère des Solidarités
Ce professionnel va réaliser une enquête alimentaire détaillée, prendre en compte les goûts, les aversions, les capacités de mastication et le contexte de vie de la personne pour élaborer une stratégie sur mesure. Il apprendra à l’aidant les techniques d’enrichissement, suggérera des recettes adaptées et assurera un suivi pour ajuster la stratégie. C’est un investissement pour préserver le plus longtemps possible l’autonomie et la qualité de vie de votre proche.
La surveillance nutritionnelle de votre proche est un acte de soin à part entière. Appliquez ces points de vigilance dès aujourd’hui et n’hésitez pas à solliciter un avis médical formel en présentant vos observations factuelles, car en gériatrie, la prévention est toujours la meilleure des thérapies.